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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/49

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feindre un accès soudain de surdité, pour pouvoir se dispenser de répondre à un convive dont il avait oublié le nom, touchant un sujet qui lui était totalement inconnu. Mais tout cela avait passé inaperçu ; et deux ou trois petites défaillances fugitives avaient pu aisément êtres mises au compte de la distraction de Mgr Masterman, — distraction dont il avait eu la joie d’apprendre qu’elle était, chez lui, un travers quasi proverbial.

Maintenant tous les grands dangers se trouvaient écartés ; et M. Manners allait se lancer dans sa conférence. Monsignor promena un regard presque heureux autour de la haute salle à manger, et, son verre en main, se carra sur sa chaise de président, pour écouter et pour retenir.

— La véritable crise de la situation religieuse, — commença Manners, d’un ton de voix tout « professionnel », avec les yeux fermés sous son large front, — il convient de la placer dans la période qui va de 1918 à 1925.

« C’était, comme vous ne pouvez manquer de vous en souvenir, une période de terrible agitation sociale. Ai-je besoin de vous rappeler la célèbre révolution des pays latins, à commencer par l’Italie et le Portugal, révolution dirigée surtout contre l’autorité politique, tandis que, dans les pays germaniques et anglo-saxons, une révolution parallèle s’adressait surtout au capital et à l’aristocratie ? Jamais autant que durant cette période le socialisme n’a été près de dominer le monde civi-