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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/42

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fication pour lui ; et pareillement n’en avaient aucune les quelques mots qu’il lut ensuite. Il regarda autour de la chambre, examina les étagères, pleines de livres, les rideaux, le prie-Dieu… et, une fois de plus, une véritable terreur l’envahit.

— Je ne reconnais rien, mon père, absolument rien ! Tout cela est nouveau ! Pour l’amour du ciel !…

— N’importe, monsignor, calmez-vous ! Des accidents comme le vôtre arrivent souvent, et n’ont aucune importance. Mais il faut maintenant que je vous quitte pour une dizaine de minutes, afin d’aller préparer les places du déjeuner. Je vous engage à fermer votre porte et à ne laisser entrer personne. Et puis, pendant que je serai parti, occupez-vous à regarder tout ce qu’il y a dans la chambre !… Ah !

Le P. Jervis s’était interrompu brusquement, et avait couru vers un fauteuil où se trouvait un livre ouvert. Il prit le livre, jeta un coup d’œil sur le titre, et se mit à rire.

— Je le savais ! dit-il. J’en étais sûr ! Vous étiez en train de lire l’Histoire de Manners ! Tenez, justement, vous en étiez arrivé à cette page-là !

Il se rapprocha de monsignor pour lui montrer le livre. Celui-ci, qui était d’une apparence tout à fait inaccoutumée, portait, au haut des pages, les dates : 1906-1920. Le vieux prêtre secouait le livre dans sa main, en signe de triomphe. Une feuille de papier s’en détacha, et tomba à terre. Le P. Jer-