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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/40

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pour s’entendre avec le cardinal ; et si vous n’étiez pas là pour le recevoir…

D’un signe de tête, monsignor fit entendre qu’il comprenait.

— Je ferai tout ce que vous m’ordonnerez ! répondit-il. Mais, dites-moi, au moins, qui est M. Manners !

Désormais le vieux prêtre avait pris son parti de la situation. Il répondit, sans la moindre trace d’embarras :

— Manners est un membre important du gouvernement. C’est notre grand économiste politique. Et il doit venir s’entendre avec le cardinal au sujet de certaines mesures intéressant l’Église. Vous souvenez-vous, à présent ?

L’autre homme secoua tristement la tête.

— Eh ! bien, arrangez-vous simplement pour causer avec lui de choses banales ! Je me placerai en face de vous, à table, et veillerai à vous empêcher de rien dire de fâcheux. Maintenez-vous dans les généralités ! Parlez du sermon de Hyde-Park, de l’Abbaye ! Aussi bien, Manners ne s’attend-il pas à causer de politique à table, devant tant de personnes !

— Soit, je ferai de mon mieux.

Cependant la voiture s’arrêtait de nouveau. L’homme qui avait perdu la mémoire regarda au dehors, et, à son extrême soulagement, reconnut l’endroit où il se trouvait. C’était la porte de l’archevêché, dans l’Ambrosden Avenue ; et au