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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/36

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La voiture venait d’entrer vivement sous une porte cochère, avait tourné à gauche, et s’était arrêtée devant un perron.

— Maintenant, monsignor, je vais aller moi-même voir le prieur, et lui remettre les papiers. Vous les avez sur vous ?

— Je… je ne sais pas.

Le prêtre explora une poche, à l’intérieur de la voiture, et en retira un petit portefeuille.

— Vos clefs, s’il vous plaît, monsignor ! L’autre tâta désespérément, sur toute sa personne. Il voyait les yeux brillants du vieux prêtre fixés sur lui.

— Vous avez l’habitude de les garder dans votre poche gauche, sur votre poitrine ! dit le P. Jervis, d’une voix nette.

L’homme mit la main dans sa poche, en retira un trousseau de petites clefs, minces et plates, et le tendit tristement à son compagnon. Puis, pendant que celui-ci les examinait l’une après l’autre, l’homme qui avait perdu la mémoire se mit à regarder par la fenêtre, au delà du serviteur en livrée pourpre qui, debout et immobile, attendait avec la main sur la portière. Sûrement, cet endroit lui était connu, oui, c’était le Doyenné ! et ceci était le perron donnant accès au cloître de l’abbaye. Mais qu’était-ce que ce prieur qui demeurait là, et de quoi s’agissait-il ? Il se retourna vers le vieux prêtre qui, maintenant, était penché sur le portefeuille et en extrayait des papiers.