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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/32

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— Je crois bien que c’est un accès d’amnésie ! — murmurait celui que le vieillard appelait monsignor. — J’ai déjà entendu parler de phénomènes de ce genre. Le fait est que je ne sais plus du tout où je suis, ni ce qui se passe. Êtes-vous… êtes-vous certain de ne pas commettre une erreur ? Est-ce que vraiment j’ai le droit… ?

La surprise du vieux prêtre sembla grandir.

— Je comprends de moins en moins, monsignor. Qu’est-ce donc que vous ne pouvez pas vous rappeler ?

— Je ne peux me rappeler absolument rien ! répondit l’autre, d’une voix désolée. Absolument rien du tout ! Ni ce que je suis, ni où je vais, ni d’où je viens ! Pour l’amour du ciel, mon père, qui suis-je ? dites-moi qui je suis !

— Allons, monsignor, je vous en prie, calmez-vous ! Il ne se peut pas que…

— Je vous dis que je ne me rappelle rien du tout ! Tout s’en est allé de ma tête ! Je ne sais pas qui vous êtes ! Je ne sais pas en quel jour nous sommes, ni en quelle année, je ne sais absolument rien !

Il sentit le contact d’une main sur son bras ses yeux rencontrèrent un regard d’une puissance et d’une concentration singulières. Il s’adossa dans le fond de la voiture, étrangement reposé et calmé.

— Et maintenant, monsignor, écoutez-moi ! Vous savez sûrement qui je suis, le père Jervis !