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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/293

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Jamais encore je n’ai vu, dans ce genre d’affections, le coma se prolonger aussi longtemps.

Après avoir regardé le malade quelques instants de plus, il appuya l’une de ses mains contre les joues blêmes, et inscrivit rapidement un mot ou deux sur son carnet.

— Croyez-vous qu’il recouvre sa conscience avant de mourir, docteur ? demanda la religieuse.

— Cela est fort possible, mais je n’en suis pas sûr. Ne manquez pas de m’envoyer chercher, au moindre signe de changement.

— Et ne devrais je pas envoyer chercher un prêtre, docteur ? — reprit la garde-malade d’une voix hésitante. — Car enfin…

Mais le médecin secoua résolument la tête.

— Non, non, ma sœur ! Vous vous rappelez bien avec quelle vigueur le malade s’est opposé à toute intervention religieuse ! Non, je le regrette, mais impossible de songer à cela !

Lorsque le médecin fut de nouveau sorti, la sœur se rassit près du lit, et tira tranquillement son chapelet de la ceinture de son tablier.

La situation ne laissait pas d’inquiéter la pieuse créature. Celle-ci savait maintenant toute l’histoire du moribond. Elle savait que c’était un prêtre catholique ayant perdu la foi, et qui, non content de l’avoir perdue pour son propre compte, s’était mis encore à discréditer cette foi de sa jeunesse en écrivant ce qu’il prétendait être un ouvrage impartial sur les Vies des Papes. Aussi bien la religieuse