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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/290

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ton d’un homme s’adressant à un groupe d’amis. Peu à peu, pourtant, le prêtre avait eu l’impression que ce même ton s’échauffait, acquérait une intensité et une force exceptionnelles. Et voici que maintenant, pendant cette pause, la personne entière du pape parut s’illuminer. Le visage fut inondé d’un afflux de sang, une flamme puissante jaillit des yeux, et ce fut d’une voix toute nouvelle, infiniment plus haute à la fois et plus passionnée, que le Souverain Pontife reprit son discours.

— Mes enfants, — s’écriait le Père Blanc, qui désormais n’était plus le bon prêtre français de tout à l’heure, mais vraiment le Vicaire du Fils de l’Homme, — mes enfants, je vous en prie, ne me brisez pas le cœur ! Pendant deux mille ans, l’œuvre chrétienne s’est poursuivie : ne l’arrêtez pas, ne détruisez pas la grande paix chrétienne qui commence enfin à s’ouvrir pour le monde ! Vous dites que vous ne connaissez aucun Dieu, et qu’ainsi il vous est impossible d’aimer notre Dieu ? Oui, mus du moins vous connaissez l’homme, l’homme infortuné avec ses faiblesses ; et comment n’hésitez-vous pas devant la perspective de le plonger, une fois de plus, dans les abîmes de la colère et de l’inimitié ? Mes enfants, ayez compassion de l’homme, de tous les hommes, et aussi de moi, qui tache de mon mieux à être leur père ! Jamais encore le Christ n’a été aussi près de régner sur la terre, ce Christ qui lui-même est mort comme je consens à mourir, moi, son humble serviteur, comme je demande à mourir