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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/29

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de croix, que répéta unanimement toute l’assistance, le moine descendit delà chaire : et un grand murmure de paroles commença.

« Mais de quoi pouvait-il donc s’agir là ? se demandait l’homme assis sur l’estrade. Qu’est-ce que pouvait bien être cette vigne ? Et pourquoi ce moine adressait-il un tel appel au peuple anglais ? Tout le monde savait pourtant que l’Église catholique, en Angleterre, ne comptait toujours encore qu’un petit nombre de fidèles. Certes, ce nombre tendait à s’accroître, mais cependant… »

Il interrompit ses réflexions en voyant le groupe de prêtres s’avancer vers lui, et en observant que, de tous cotés, la foule était en train de se disperser. Il étreignit vivement les bras de son fauteuil, tâchant à se ressaisir. En tout cas, il ne fallait pas se rendre ridicule aux yeux de tous ces hommes ! Il convenait d’être discret, et de parler le moins possible.

Aussi bien, les choses s’arrangeaient-elles à souhait. Le vieux prêtre qui était venu vers lui précédemment se retourna vers le reste du groupe, et, tout bas, dit quelques mots aux religieux qui marchaient derrière lui ; sur quoi le groupe entier s’arrêta, et bon nombre de prêtres lancèrent un regard plein de sympathie à l’homme qui se tenait assis sous le dais. Puis le vieux prêtre s’approcha, seul, et posa sa main sur le bras du fauteuil.

— Venez par ici, monsignor ! murmura-t-il. J’ai commandé la voiture.