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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/289

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— Messieurs, dit-il, c’est chose bien vraie que je suis simplement, ici, un messager pareil aux deux autres. Mais je vous supplie de réfléchir. Vous compter me tuer, comme vous avez tué mes envoyés. Soit, je suis entièrement à votre merci. Je m’attendais bien à ne plus vivre longtemps, ce matin, lorsque je suis parti de Rome. Mais ensuite, quand vous m’aurez tué, quel profit en aurez-vous ? Tout à l’heure, à minuit, chaque nation civilisée doit prendre les armes. Vous avez l’intention de réformer la société : je ne discuterai pas vos réformes, mais je vous dis seulement que le temps vous manquera pour les réaliser. Je ne m’arrêterai pas non plus à discuter avec vous la vérité de la religion chrétienne : mais je vous dirai seulement que cette religion est déjà en train de gouverner le monde. Vous allez me tuer ? Dès demain, mon successeur régnera en mon lieu. Vous allez tuer tout ce qui vous reste de chrétiens ? Dès demain, d’autres chrétiens se révéleront parmi vous, et reprendront l’œuvre impérissable. À quoi vous serviront toutes vos rigueurs ? Simplement à ceci, que, dans les jours à venir, vos noms seront en haine à la mémoire des hommes. Oui, cela est ainsi. En ce moment, vous avez une occasion de vous soumettre ; tout à l’heure, ce sera trop tard !

Le pape s’arrêta un instant ; et, tout d’un coup, il sembla au prêtre qu’un changement subtil s’accomplissait sur ses traits. Jusque-là, le Souverain Pontife avait parlé d’un ton calme et naturel, du