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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/287

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— Ma foi, répondit-il, je suis venu tel que vous me voyez

— Vous avez ordonné à vos armées de vous suivre ?

— Non, pas avant minuit, puisque la trêve doit durer jusque-là. Mais, au coup de minuit, la flotte aérienne s’attend à partir de tous les coins de l’Europe.

— Et cela avec votre consentement ?

— Mais oui, sans doute.

— Et vous admettez l’immense effusion de sang qui résultera de cette expédition ?

— Mon Maître n’est pas venu apporter la paix, mais le glaive. Au fait, je n’ai pas à vous parler de cela, je ne suis pas venu vous enseigner la théologie.

— Mais vous savez que jusqu’à minuit… ?

— Je sais que jusqu’à minuit je suis entre vos mains.

De nouveau, le silence rayonna dans la salle, un silence plus profond que jamais. Monsignor détourna pour un instant ses yeux du visage du pape et regarda, autour de soi, les figures des membres du Comité. Tous ces hommes fixaient obstinément la calme figure blanche debout en face d’eux ; et bientôt le prêtre, lui aussi, se remit à l’examiner attentivement. Plus d’une fois, dans la suite, il s’est dit que, s’il y avait eu sur le visage du pape non seulement une trace d’inquiétude, mais même une pâleur inaccoutumée, s’il y avait eu dans les mains