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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/286

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Mais, par degrés, le prêtre observa un changement dans l’attitude du président, assis au milieu de l’estrade. Peu à peu cet homme s’était penché en avant, avait appuyé ses coudes sur la table et baissé les yeux, au lieu de les tenir fixés sur le pape comme il l’avait fait jusque-là. Et bientôt un dialogue s’engagea, dont chaque mot devait rester gravé à jamais dans la mémoire du prêtre. Le dialogue s’échangeait en langue française, mais avec un contraste saisissant entre la prononciation coulante et délicate du pape et le lourd accent germanique du président.

— Monsieur, disait ce dernier, vous venez ici comme délégué des puissances, n’est-ce pas ? Acceptez-vous nos conditions ?

— Pas plus que mes deux envoyés, je n’accepte aucune de vos conditions. Mais c’est moi qui viens vous en offrir d’autres, en vous conseillant de les accepter.

— Et ces conditions ?

— Consistent en une soumission absolue et sans réserve à mon pouvoir souverain.

— Cependant, vous nous avez dit vous-même que vous connaissiez le traitement réservé par nous à tous les porteurs de messages de ce genre ?

— Mais oui, certainement.

— Et sans doute vous êtes venu armé, protégé d’une manière quelconque ?

Le sourire du pape s’accentua, tandis que, de ses deux mains, il faisait un petit geste significatif.