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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/283

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et de peur transparaissait sous l’assurance, péniblement gardée, de leurs traits. Là comme en toutes choses, le pouvoir de la discipline allemande avait ses limites.

Et déjà le président lui-même se rasseyait, déjà Hardy remontait sur l’estrade, lorsque soudain, à l’autre extrémité de la salle, il y eut un mouvement parmi les gardiens de la porte, et cette porte s’ouvrit au large, laissant entrer une figure toute emmitouflée.

Impossible de reconnaître les traits du nouveau venu, pendant que, d’un pas décidé, il s’avançait vers l’estrade. Il était vêtu d’un long manteau de voyage qui lui tombait jusqu’aux pieds ; une toque de voyage lui recouvrait la tête, et autour de son visage s’enroulait une de ces larges écharpes blanches qu’employaient volontiers les voyageurs aériens. Et la figure s’avançait, sans regarder à droite ni à gauche, d’un pas singulièrement ferme et assuré,

— d’un pas d homme qui se sentait le droit de pénétrer partout et d’être partout chez soi. Arrivé en face du Comité, à l’endroit où s’était placé tout à l’heure monsignor, le nouveau venu défit son écharpe, souleva sa toque et la fit tomber à côté de lui, rejeta son manteau d’un geste pressé, et puis se tint debout vis-à-vis des chefs du parti révolutionnaire. C’était un homme vêtu de blanc de la tête aux pieds, coiffé d’une calotte blanche. Un frémissement d’émotion traversa toute l’estrade. Deux ou trois des membres du Comité se