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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/276

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tait là un visage de prêtre, mais le visage d’un prêtre déchu. Le teint était cuivré, les lèvres droites et minces, le nez fort, avec une courbe hardie ; et les grands yeux noirs reflétaient une énorme puissance intérieure, sous les lourds sourcils qui les recouvraient. Seuls, ces yeux semblaient vivre, tandis que le reste des traits faisait l’effet d’un masque modelé avec soin.

À sa grande surprise, monsignor s’entendit adresser des paroles anglaises. C’était Hardy qui l’interrogeait, debout à côté du fauteuil du président.

— Monsignor, vous n’avez pas voulu me répondre, tout à l’heure. Maintenant que je parle au nom du Comité, consentirez-vous à parler ?

— Je dirai ce qui me paraîtra pouvoir être dit.

— Oh ! monsignor, fit Hardy d’un ton de moquerie, vous n’avez pas besoin d’avoir peur. Nous ne sommes pas de ceux qui arrachent les réponses par la torture. Je voulais seulement savoir si vous étiez enfin disposé à voua montrer raisonnable.

Et comme le prêtre ne répondait pas :

— Allons, écoutez ! D’abord, nous allons vous dire nos intentions. À minuit, comme vous le savez, nous comptons remplir scrupuleusement notre promesse. Tous nos otages survivants périront de la même manière qu’ont péri les autres. Nous le regrettons fort, mais nul moyen d’agir autrement puisque, maintenant encore, les chrétiens ne semblent pas comprendre que nous soyons sérieux. Et