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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/275

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sident s’élevaient un peu plus haut, mais sans que pour cela monsignor, placé derrière lui, fût en état de voir de lui autre chose que son manteau noir et ses longs cheveux d’un gris de fer.

Le reste de la salle était presque vide. Une table se dressait au pied de l’estrade, et autour d’elle d’autres hommes s’apprêtaient à écrire. Plus loin, un petit groupe d’hommes restaient debout, semblant attendre leur tour d’être interrogés.

Au dehors, les dernières lueurs du jour s’étaient effacées ; mais la salle resplendissait, éclairée par des lampes électriques tout autour du plafond. Sur tous les visages que pouvait observer le prêtre, une émotion commune se lisait nettement, — une irritation muette et profonde, prédisposant les âmes à agir sans pitié.

Et à plusieurs reprises monsignor vit comparaître devant le président des personnes qui, sans doute, déposaient leurs témoignages. Enfin James Hardy, qui occupait l’un des sièges de l’estrade, s’approcha du président et lui parla dans l’oreille. Dès la minute suivante, sur un signe de Hardy, les agents de police amenèrent le prêtre sur le premier plan de l’estrade, à l’endroit où s’étaient tenus les témoins de tout à l’heure. Et brusquement le président, qui s’était détourné pour causer avec ses assistants, se retourna vers le prêtre et le dévisagea.

Jamais monsignor n’allait oublier le visage de cet homme, entre les mains duquel résidait l’autorité suprême de la révolution. Incontestablement, c’é-