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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/272

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II

— Bonjour, monsignor ! Je suis confus de n’être pas encore venu vous voir ; mais nous avons été extrêmement occupés, tous ces jours-ci.

Il s’assit dans l’unique fauteuil, sans offrir au prêtre une poignée de main.

Et sur-le-champ le prêtre, par une de ces intuitions soudaines et inexplicables qui partent plus loin que toute réflexion, sentit et comprit deux choses : d’abord, que c’était à dessein, et non point par négligence, qu’on l’avait laissé seul durant ces deux jours ; et, en second lieu, que cette visite qui lui était faite quelques heures avant l’expiration du délai avait, elle aussi, un objet déterminé. Son cerveau était d’ailleurs trop confus pour lui permettre de tirer de ces deux faits eux-mêmes une conclusion approfondie ; mais du moins l’instinct qui lui avait fait comprendre les deux faits lui enjoignait aussi de veiller soigneusement sur toutes ses paroles.

— Je crains que vous ayez eu à traverser ici bien des heures d’anxiété ? reprit le visiteur. Mais il en est de même pour nous tous ; croyez-le bien ! Il faut que vous nous excusiez, n’est-ce pas, monsignor ?

Le prêtre ne répondit rien. Entre ses paupières à demi fermées, il examinait le solide visage, plein d’intelligence, de l’homme qui venait de s’asseoir