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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/270

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ment soudain, qui s’agrandissait et s’accentuait bientôt, marquant évidemment le passade d’une voilure chargée de quelque terrible mission révolutionnaire. Plusieurs fois aussi le prêtre avait entendu un échange lugubre de voix sous la fenêtre de la chambre où il continuait à être emprisonné. Ou bien encore, parfois, un bruit semblait descendre sur lui de très haut, probablement le bruit d’un ascenseur qui revenait à terre. Et, à chacun de ces bruits, le prêtre frémissait involontairement, se demandant si ce n’était point le signal de quelque nouvelle catastrophe, le prélude de quelque décision qui allait le rayer du nombre des vivants.

Quant aux progrès des événements, il continuait à n’en rien savoir.

Deux jours s’étaient passés depuis l’affreux instant où la porte s’était refermée derrière le prisonnier, et où le vieux cardinal s’en était allé doucement vers la mort. Depuis, le prêtre n’avait pas même osé interroger le gendarme taciturne qui lui apportait sa nourriture. Des milliers de pensées tourbillonnaient devant lui, comme des images reflétées sur un mur. Il voyait des rassemblements d’armées, l’horizon obscurci par l’approche d’escadres aériennes, accourant pour châtier la révolution allemande. Ou bien c’était cette révolution elle-même qu’il imaginait, répandant à travers le monde ses engins destructeurs, lançant sur Rome et sur Londres, sur Paris et sur Versailles des