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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/269

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CHAPITRE VI

I

Durant toute la journée, un étrange silence pesa sur Berlin, un silence profondément différent de ce calme habituel des cités modernes que commençait à connaître et à goûter, dorénavant, monsignor Masterman. Celui-ci, en effet, s’était accoutumé au bourdonnement léger des rues passantes, alors que voitures et piétons s’avançaient sans bruit sur un pavage capitonné, et que l’air vibrait d’un murmure continu où figuraient les appels assourdis des cloches et les sons mélodieux des trompes attachées aux automobiles ; tout cela commençait à lui devenir familier, et il y découvrait quelque chose de bienfaisant, quelque chose qui lui rappelait qu’il vivait, en vérité, dans un monde d’hommes aussi occupés et actifs que ceux d’autrefois, mais infiniment plus civilisés, et se soumettant de leur gré à une discipline collective.

Mais le silence de ce quartier central de Berlin n’avait rien de commun avec celui de Paris ou de Londres. Son intensité était, au contraire, inquiétante et sinistre. Par instants s’élevait un siffle-