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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/267

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Comme le font toujours les esprits exaltés, il se représentait une demi-douzaine d’issues possibles, et dont chacune lui apparaissait en plein relief, avec une clarté singulière. Il imaginait le retour du cardinal avec la nouvelle d’un compromis, ou du moins avec la nouvelle d’un délai. Ou bien il revoyait le vieillard venant à lui, tout anxieux et troublé, sans que l’on eût encore rien décidé. Ou bien c’était lui-même que, tout d’un coup, l’on accourait chercher. Et il y avait d’autres images, plus terribles que celles-là, et contre lesquelles il raidissait toute sa volonté, en se disant qu’il était inconcevable que de telles choses eussent lieu. Oui, et pourtant pas une de ces conjectures n’était aussi terrible que devait l’être, tout à l’heure, la réalité elle-même…

Celle-là arriva rapide et brusque, sans le moindre incident prémonitoire.

Le prêtre se retournait, étant parvenu à l’extrémité de la pièce, lorsque tout d’un coup une figure apparut devant lui, sans même qu’il eût entendu d’avance un bruit de pas. Derrière cette figure, il en entrevit deux autres, attendant.

C’était le vieux cardinal Bellairs, qui se tenait là, droit et plein de sérénité comme toujours, avec, dans ses yeux, un regard qui fit taire toute pensée et toute émotion dans l’âme du prêtre. Le vieillard leva sa main, sur laquelle brillait la bague violette ; et aussitôt, sans même savoir ce qu’il faisait, le prêtre tomba sur ses genoux.

Benedictio Dei omnipotentis, Patris et Filii