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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/264

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avait été envahi, et la ville entière réduite à un état de terreur impuissante, un second massacre s’était produit, celui-là non plus commandé, mais toléré par les chefs du mouvement socialiste.

Monsignor avait, du reste, conscience de ne savoir encore qu’une faible partie du drame. Tout au plus en connaissait-il les contours principaux. D’abord, c’était chose évidente que la révolution avait été conçue et préparée dans tous ses détails depuis de longs mois. Il y avait eu à Berlin, durant ces mois passés, une affluence énorme de socialistes des divers pays d’Europe, mais surtout d’Amérique, accourus là sans que l’autorité impériale pût encore se résoudre à agir contre eux. Par degrés, de vagues protestations avaient surgi, s’étaient répandues dans les masses : mais tout cela trop imprécis pour faire soupçonner un prochain recours à la violence. Et puis enfin, au moment où déjà, dans tous les autres pays, le transport officiel des socialistes en Amérique commençait à s’organiser, et où les politiciens les plus pessimistes tendaient à considérer tout danger comme écarté, voilà que, sans le moindre avertissement, le grand coup avait été frappé, — sous la direction manifeste d’un Comité international, dont personne, jusque-là, n’avait même soupçonné l’existence !

Quant aux détails de la crise elle-même, le prêtre se rappelait seulement que les révolutionnaires, à nombreuses trahisons des familiers de la cour impériale, avaient mis la main