Ouvrir le menu principal

Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/256

Cette page n’a pas encore été corrigée


cette réponse banale, et qui n’expliquait rien.

Le vieillard se pencha vers lui, en souriant de nouveau.

— Mon fils, lui dit-il, ne vous montrez pas impatient et prompt à la critique ! Qu’il vous suffise de songer que, vous et moi, nous allons là-bas ! Oui c’est assez de quoi nous occuper tous les deux. Venez, aidez-moi à relire encore toute cette masse de papiers !

Une heure plus tard, l’aérien était sensiblement descendu, et passait au-dessus d’une région de plaines. Monsignor commençait à avoir conscience d’une lassitude irrésistible. Il ne put s’empêcher de bâiller à deux ou trois reprises, et son vieux compagnon eut pitié de lui.

— Étendez-vous un peu, monsignor ! lui dit-il. Vous avez eu une journée terrible ! Moi aussi, d’ailleurs, je vais essayer de dormir. Sans compter qu’il faut que nous soyons aussi frais que possible, pour notre entrevue de tout à l’heure !

Monsignor ne répondit pas. Il s’avança jusqu’à l’autre côté de la banquette, ôta sa ceinture, et s’étendit de son long. Il avait à peine fini de s’émerveiller de la prodigieuse sûreté du vol de l’aérien, semblable à une flèche lancée dans les airs, que lui-même se trouvait plongé dans un état complet d’inconscience.