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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/248

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cette fois, s’accomplisse en présence d’un témoin. Le recteur du collège anglais de Rome peut fort bien recevoir toutes les instructions nécessaires, à la fois de la part de Son Éminence et de la mienne propre.

— Et vous, Éminence, quelles sont vos raisons ?

— Je ne veux pas que monsignor Masterman m’accompagne à Berlin, parce qu’il n’y a aucun besoin de deux hommes pour cette mission ! Un seul peut porter votre message aussi bien que deux.

Il y eut un instant de silence, pendant lequel le pape se mit à jouer avec un porte-plume qui traînait sous sa main. Puis monsignor éclata de nouveau :

— Par pitié, Saint-Père, je vous supplie de me laisser aller à Berlin ! J’ai peur de la mort, et c’est là une des raisons pour lesquelles il faut que j’accompagne Son Éminence. En outre, je suis atteint d’une maladie mentale ; ma mémoire m’a abandonné il y a quelques mois ; elle peut m’abandonner de nouveau, et cette fois sans espoir de retour. Aussi convient-il que je tâche à être de quelque service pendant que la chose m’est possible ; et je répète à Votre Sainteté qu’il se peut qu’à Berlin je le sois, en etffet. Deux messagers y vaudront mieux qu’un seul !

De nouveau, pendant un moment, le pape resta sans parler. Il avait lancé sur le prêtre un regard intrigué, lorsqu’il l’avait entendu dire qu’il « avait