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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/247

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gestes du cardinal, comme aussi dans l’allure des deux autres acteurs de la scène. Monsignor sentait que, pour des motifs inexplicable, chacune de ces trois personnes se trouvait vis-à-vis de la mort dans une attitude qui dépassait entièrement sa compréhension. Chacune d’elles en parlait vraiment avec une légèreté et un naturel à peine croyables.

— Allons, reprit le pape, voilà qui est décidé ! Vous comptez partir ce soir ?

— Oui, Saint-Père, je partirai aussitôt que j’aurai arrangé certaines affaires de mon pays. J’ai déjà retenu un aérien privé, qu’un de mes serviteurs s’est engagé à conduire. Mais il y a encore quelque chose dont je dois entretenir Votre Sainteté, avant de lui demander Ses instructions. Le prêtre que voici, mon secrétaire, monsignor Masterman, désire extrêmement m’accompagner à Berlin. Je voudrais que Votre Sainteté le lui défendît. J’ai besoin de lui pour être le vicaire capitulaire de mon diocèse, au cas possible de ma mort.

Le pape releva les yeux et les tourna vers le prêtre.

— Et pourquoi donc désirez-vous aller à Berlin, mon enfant ? Vous rendez-vous bien compte du caractère d’un tel voyage ?

— Saint-Père, je me rends compte de tout ! Je désire accompagner le cardinal à Berlin parce qu’il n’est pas bon que Son Éminence y aille toute seule. Il faut que la réception de votre envoyé,