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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/246

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de la fiction et de l’imagination. Nul moyen de reconnaître en lui, à première vue, le Pontife souverain. Bien plutôt on l’aurait pris pour un honnête commerçant d’habileté ordinaire, à qui serait venue la fantaisie de s’habiller d’une soutane blanche et de s’asseoir dans une énorme salle tapissée de damas rouge et d’or, avec des flambeaux d’argent sur un grand bureau plus somptueux que commode. Même en cet instant dramatique de sa propre vie, monsignor ne put s’empêcher de se demander avec étonnement de quelle façon un tel homme, — l’humble fils d’un maître de poste tourangeau, — avait pu s’élever à la plus haute dignité terrestre.

Le pape murmura quelques rapides paroles d’accueil, après quoi ses visiteurs, ayant baisé son anneau, s’assirent sur des chaises, auprès de lui.

— Et ainsi vous êtes venu me faire vos adieux, Éminence ? reprit-il en s’adressant au cardinal Bellairs. Nous vous sommes bien reconnaissant de votre généreux projet. Dieu vous en récompensera.

— Il fallait bien que, cette fois, ce fût un cardinal qui se rendit là-bas, Saint-Père ! répondit le vieillard anglais avec son doux sourire. Et puis, un homme de ma race est un peu parent des Allemands, sans être cependant l’un d’entre eux, comme je le disais déjà hier soir à Votre Sainteté. Et puis enfin, n’est-ce pas, me voici devenu un très vieil homme !

Nulle trace d’affectation dans la voix ni dans les