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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/240

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dinal Bellairs était un des personnages les plus remarquables de l’Église entière, Italien de naissance, mais possédant une familiarité extraordinaire de toutes les langues européennes. Il était grand et robuste, avec une abondante chevelure d’un blanc de neige. Lui aussi, comme l’archevêque de Paris, il avait failli devenir pape, lors de la dernière élection ; et l’on ne doutait point qu’il le devînt quelque jour, encore bien que ce ne fût point l’usage d’élire pape un secrétaire d’État. Il avait un large visage bien découpé, d’un teint foncé, avec des yeux noirs très brillants, mais à demi voilés.

Monsignor baisa l’anneau sans se mettre à genoux, et s’assit sur la chaise qui lui fut désignée.

Personne ne dit rien pendant un moment.

— Eh ! bien, monsignor, savez-vous de quoi il s’agit ? demanda soudain le cardinal Bellairs.

— Je sais que les socialistes allemands ont fini par renverser le gouvernement impérial, malgré toutes les concessions de plus eu plus humiliantes de celui-ci, qu’ils ont pris comme otages les membres de la cour et tout ce qui restait des anciens partis conservateurs, après quoi ils ont proclamé le triomphe solennel de leur parti, et annoncé aux autres puissances leur intention de tuer tous leurs otages et de se livrer contre l’Europe entière terribles assauts si, pendant ces quatre jours, chacune des nations chrétiennes n’avait pas retiré