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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/24

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d’un groupe nombreux d’ecclésiastiques : prêtres séculiers en surplis et coiffés d’une barrette, avec deux ou trois franciscains en sandales, et une paire de blancs dominicains. À une dizaine de pas plus loin s’élevait une chaire improvisée, se dressant à ciel ouvert ; et dans la chaire apparaissait la haute figure d’un jeune moine qui semblait prêcher avec une ferveur passionnée. Autour de la chaire, derrière elle, et de tous les côtés dans un immense rayon, à portée de vue, surgissaient les tètes d’une foule innombrable, dans un silence profond ; et puis, plus loin encore, un gazon vert se dessinant contre un ciel bleu d’été.

Il regarda tout cela, mais sans y attacher aucune signification. Rien de tout cela ne trouvait à s’accorder avec ses expériences passées. Il ne savait ni où il était, ni à quoi il assistait, ni qui étaient ces hommes qu’il voyait, ni non plus qui il était lui-même. Simplement il regardait, et puis se remettait à examiner ses mains et toute sa figure.

Cet examen, non plus, n’avait rien à lui apprendre : car il se trouvait velu comme jamais encore il ne l’avait été. Sa soutane noire s’ornait de boutons rouges et d’une ceinture rouge. Il constata que ses souliers avaient des boucles dorées : sur sa poitrine, qu’il considéra ensuite, ne pendait aucune croix. D’un geste nerveux, et tout en s’efforçant de ne pas être remarqué, il ôta sa barrette : elle était noire avec un filet rouge. Son costume,