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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/239

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de toutes choses que s’il n’avait point quitté l’Europe.

Le garde-suisse lui présenta son étrange hallebarde, lorsque, sa montée finie, il franchit le seuil de l’appartement du cardinal secrétaire. Un homme en livrée écarlate lui prit son chapeau et son manteau ; un autre le précéda à travers la première antichambre, où un ecclésiastique paraissait l’attendre ; et ce fut avec ce nouveau compagnon qu’il traversa ensuite une seconde et une troisième pièces, jusqu’à la porte du cabinet du secrétaire. Puis, le prêtre se contenta d’ouvrir cette porte, qui se referma doucement derrière lui, et de le laisser entrer seul dans le cabinet. Celui-ci était bien tel qu’il se le rappelait, tout tendu d’or et de damas rouge, éclairé par une verrière formant plafond, avec, au milieu, un grand bureau revêtu de cuivres, et un large divan contre le mur de droite : mais il semblait à monsignor, dans l’état d’appréhension où il était, que l’atmosphère de la grande chambre avait quelque chose de plus solennel,avec un silence encore plus profond.

Deux figures étaient assises là, l’une près de l’autre, sur le divan, toutes deux revêtues de la cape écarlate de cérémonie. L’une d’elles était le vieux cardinal Bellairs, qui, en apercevant le nouveau venu, lui fit un signe de tête amical et y ajouta même un léger sourire. Sou interlocuteur,lui, se releva et s’inclina faiblement, avant de lui tendre sa main à baiser. Cet interlocuteur du car-