Ouvrir le menu principal

Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/233

Cette page n’a pas encore été corrigée


IV

Il lui fallut trois ou quatre jours avant de pouvoir se faire une image définie de ce que signifierait, une fois installée, l’existence nouvelle des émigrants internationaux.

Il demeurait au Palais du Gouvernement, vaste édifice qui naguère avait servi de temple à la secte des Scientistes Chrétiens. Là, chaque jour, dans le grand hall circulaire, il siégeait en compagnie d’Américains aux visages nettement découpés et des autres délégués européens qui accompagnaient l’afflux continuel des émigrants.

Il s’était plongé de toutes ses forces dans son travail d’organisation, désireux de répondre à la confiance de ses compatriotes en témoignant aux socialistes d’origine anglaise toute la sympathie de l’Église de leur pays.

La ville de Boston offrait, pour le moment, un spectacle de confusion et de désordre incroyables. Sans cesse un corps de police très fourni se voyait forcé d’intervenir pour empêcher de graves querelles entre les catholiques attardés, pour lesquels Boston allait dorénavant devenir inhabitable, et les nouveaux habitants, qui déjà se regardaient comme les maîtres absolus de la ville. Tous les arrangements légaux avaient été conclus, naturellement, avant l’arrivée des navires internationaux : mais le nouveau partage de Boston et de l’État