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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/230

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— Oui, mon père ! Nous aborderons vers cinq heures et demie… Mais dites-moi, mon père, est-ce que vous comptez rester longtemps avec ces gens-là ?


Monsignor secoua la tête.

— Cela dépendra de bien des choses ! dit-il.

— Une idée étrange, cette colonie ! Mais peut-être n’y avait-il pas d’autre moyen de nous délivrer ? Monsignor sourit sans répondre.

Le fait est que sa dépression n’avait pas cessé de s’accroître, pendant la traversée. Il s’était mêlé constamment avec les émigrants et avait fait de son mieux pour se lier avec eux ; mais il y avait dans leur attitude à son endroit, — très suffisamment respectueuse, mais impénétrable à toutes ses avances, — il y avait dans toute l’atmosphère qui les entourait quelque chose d’hostile et comme de fermé qui le changeait étrangement de cette atmosphère de confiance tranquille à laquelle il s’était accoutumé parmi les prêtres et le peuple de sa société quotidienne. La seule chose qui semblât intéresser les émigrants était de discuter les diverses méthodes de gouvernement et toute la politique intérieure de leur existence future dans le Massachusetts. Quelques-uns avaient même questionné monsignor au sujet des récoltes américaines ; et, une fois, il avait entendu dans un groupe une conversation des plus animées touchant les problèmes scolaires : mais cette conversation était tombée dès qu’il avait essayé de s’y joindre.