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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/227

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irlandais qui était venu l’aider à s’embarquer. Les deux hommes considéraient la foule des émigrants, entassés dans l’entrepont de l’immense navire ; et jamais encore ils n’avaient aussi pleinement compris l’importante signification historique de l’événement auquel ils assistaient. Ce jour-là marquait pour l’Angleterre la reconnaissance pratique des deux principes opposés, dont la lutte avait été, jusque-là, l’origine de presque toutes les guerres, les révolutions, les incessantes querelles humaines. Ces deux principes étaient la liberté de l’individu et les exigences de la société. D’une part, chaque homme avait un certain droit naturel à la liberté ; et, de l’autre part, ta liberté des uns risquait d’amener la servitude des autres. Et monsignor songeait que la solution du conflit était enfin apparue depuis le jour où l’on avait constaté l’obligation de choisir entre les deux seules conditions logiques de gouvernement : l’une admettant que le pouvoir devait venir d’en bas, et l’autre, que le pouvoir ne pouvait venir que d’en haut. Le socialisme, le matérialisme, la démocratie étaient partisans du premier des deux principes ; le catholicisme, la monarchie adhéraient au second. Et chacun de ces principes s’appuyait, à son tour, sur l’un des grands dogmes de toute philosophie : celui d’après lequel l’être entier formait un ensemble unique, se développant peu à peu par une évolution infinie, et celui qui considérait le monde comme la création d’un Dieu transcendant, qui, ensuite, avait délé-