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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/226

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douloureux d’indécision ; mais lui aussi avait accueilli avec plaisir cette perspective qui allait pouvoir éclaircir quelques-uns de ses doutes secrets ; et il n’avait rien négligé pour contribuer, dans la mesure de ses forces, au succès du projet de colonisation socialiste.

Le malheur était que décidément, malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à s’affranchir du sentiment de gêne qui s’était emparé de lui depuis son retour à la conscience. Toujours encore il y avait, au fond de son esprit, comme une crainte que le christianisme qu’il voyait autour de soi ne fût pas la véritable religion de son Fondateur. Un instinct, qu’il tachait en vain à déraciner, lui répétait obstinément que l’essence de l’attitude chrétienne ne consistait pas à dominer, mais bien à souffrir ; et la vue d’une Église triomphante lui produisait irrésistiblement l’impression d’un étrange et hardi paradoxe…

Dans le cas présent, du moins, l’entreprise nouvelle était sûrement à la fois un acte de justice et de charité : de telle sorte que ce fut le plus volontiers du monde qu’il consentit à accompagner en Amérique les premiers émigrants anglais.

II

Il se trouvait à son poste, dans le grand port des aériens de Queenstown, un certain jour du début d’avril, en compagnie d’un aimable chanoine