Ouvrir le menu principal

Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/219

Cette page n’a pas encore été corrigée


Soudain le vieux militaire s’arrêta, et se tourna vers son compagnon.

— Voyez-vous, monsignor, dit-il, je ne voudrais pas l’avouer à tout le monde ! Mais à vous je puis bien dire que nous sommes en un moment très critique. Ces socialistes sont beaucoup plus forts que nous l’avions supposé. Leur organisation est absolument parfaite. Est-ce que vous connaissez quelqu’un d’entre eux ?

— J’ai rencontré Hardy.

— Eh ! bien, voilà précisément un homme très remarquable, et d’autant plus à craindre ! Ils reprirent leur promenade, et n’échangèrent plus aucune parole jusqu’à ce qu’ils fussent parvenus sur la plate-forme d’une ample tour ronde, où l’on avait coutume d’allumer, jadis, les feux de joie. Là, une figure s’avança vers eux, les salua, et parut attendre.

— Hein ? Qu’est-ce que c’est ? demanda le général.

— Le poste d’observation, monsieur. Nous avons l’ordre d’observer les lumières de Rye. Pendant que le général et ce serviteur du lord continuaient de causer, le prêtre s’éloigna d’eux et vint s’accouder au parapet de la plate-forme. Il voyait à ses pieds les lumières du village, et une autre masse de lumières brillait là-bas, désignant l’emplacement de Rye. Là-bas aussi, sans doute, des yeux épiaient anxieusement l’horizon ; là-bas aussi l’on sentait que de grands intérêts étaient en