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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/218

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— Vous savez que je suis très ignorant de toutes choses ! dit-il. Pensez-vous que la situation soit vraiment très grave ? Je croyais que les socialistes anglais avaient à jamais perdu leur crédit ?

— Oui, certes, en un sens. Je veux dire qu’à présent, chez nous, comme dans tous les pays à l’exception de l’Allemagne, les socialistes ne forment qu’une minorité impuissante. Mais si toutes ces minorités se réunissaient pour agir de concert, leur action risquerait de devenir très sérieuse. Or, comme vous savez, le ministère a présenté son projet de loi à l’improviste, précisément afin d’empêcher une telle concentration des forces ennemies. Mais, sans doute, les socialistes avaient prévu la chose : car le fait est qu’ils semblent avoir commencé depuis des mois à se préparer.

— Et si les socialistes échouent ?

— En ce cas, ils se rassembleront en Allemagne pour y livrer leur dernier combat. Mais vous savez tout cela mieux que moi, monsignor !

— Je sais beaucoup de menus détails çà et là, reconnut le prélat, mais j’ai toujours encore de la peine à les combiner. C’est que j’ai eu à traverser une étrange maladie…

— Oh ! oui, en effet, je l’avais oublié !

Ils suivaient maintenant un chemin de ronde qui longeait le mur extérieur du paie, du côté de la falaise. Des fenêtres pratiquées dans le mur, de temps à autre, laissaient apercevoir la mer, un immense abîme sombre sous le ciel brumeux.