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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/213

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horloge surmontant la cheminée ; puis son regard rencontra celui de son hôte.

— Voilà qu’il est neuf heures et demie ! dit lord Southminster.

Le vieux cardinal, à son tour, redressa la tête. Il n’avait rien dit depuis longtemps, mais d ailleurs n’avait laissé voir aucun signe d’inquiétude.

— À quel moment pensez-vous que le vote aura lieu ? demanda-t-il.

— Pas avant minuit. Trois coups de canon seront tirés, comme je l’ai déjà dit à Votre Éminence, aussitôt que la loi aura été votée. Ainsi nous connaîtrons la nouvelle avant même que mon secrétaire ait eu le temps de traverser le hall.

Et puis, de nouveau, il y eut un silence.

Au dehors, la nuit était merveilleusement calme. Pas d’autre bruit que le choc régulier des brisants contre la jetée du petit port.

Monsignor se reprit à considérer les visages qui l’entouraient. En face de lui était assis le jeune lord lui-même, revêtu du costume ordinaire de sa classe, avec l’insigne de son rang brillant comme une étoile sur sa poitrine. Ses traits n’exprimaient qu’une attention contenue : nulle trace d’agitation ni même d’impatience. À sa droite était assis le vieux cardinal, vêtu d’écarlate. Il se souriait gravement à soi-même, et ses lèvres remuaient de temps à autre ; l’une de ses mains jouait avec une coquille de noix restée sur son assiette. Les trois autres convives, en vérité, laissaient voir beau-