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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/212

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de table ; et, du reste, monsignor avait été frappé de voir avec quel soin, durant tout le dîner, les convives avaient semblé éviter toute allusion aux événements décisifs qui se passaient dans la capitale.

Cinq ou six fois pourtant, depuis que l’on s’était mis à table, l’un des secrétaires du lord était entré avec un télégramme qu’il avait déposé devant son maître ; sur quoi la conversation s’était un moment arrêtée, et tout le monde avait pris connaissance de la feuille jaune.

Les nouvelles n’avaient pas été, jusque-là, très rassurantes. La première dépêche, partie de Londres à huit heures et demie, annonçait que l’un des chefs de la majorité avait été arrêté par la foule et sérieusement blessé, au moment où il allait pénétrer dans la salle des séances. Une autre dépêche, dix minutes après, disait : « Quatre grands bateaux aériens sont en route, venant d’Allemagne ; le gouvernement a doublé le cordon des aériens militaires. » Puis une troisième dépêche : « La foule augmente énormément. Le premier ministre a commencé son discours devant une salle bondée. » Les télégrammes suivants contenaient des résumés du discours, et le dernier ajoutait que l’on avait de plus en plus de difficulté à entendre l’orateur, en raison de l’effroyable bruit qui venait du dehors.

Maintenant, une demi-heure avait passé sans que l’on reçût d’autres nouvelles.

Monsignor leva les yeux sur la belle et vénérable