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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/211

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d’heure en heure, réussissait à envahir la salle des séances.

La maison de lord Southminster n’a pas besoin d’être décrite ici. C’est assurément l’une des résidences seigneuriales les plus connues du royaume. Pas un guide qui ne consacre au moins quelques pages au vénérable château, et quelques lignes aussi au pittoresque petit village historique qui l’avoisine, avec son petit port de bateau de pêche.

C’était dans la salle à manger intime du rez-de-chaussée que l’homme qui avait perdu sa mémoire se trouvait assis, ce soir-là, en compagnie d’une demi-douzaine d’autres convives. D’un côté de la pièce, une porte s’ouvrait sur les salons réservés à l’usage de la famille, tandis qu’une autre porte conduisait dans le vieux hall du château, et qu’une troisième donnait accès aux cuisines.

Lord Southminster était un homme encore jeune, mais qui déjà s’était fait une réputation éminente par ses discours dans la Chambre Haute. Petit-fils d’un grand seigneur qui s’était converti au catholicisme sous le règne d’Edouard VII, il montrait une sollicitude sincère pour les intérêts de la cause religieuse. Monsignor l’avait rencontré plusieurs fois déjà, et éprouvait une sympathie profonde pour cet élégant jeune homme à la chevelure blonde au visage rasé, avec de grands yeux tout illuminés d’une flamme secrète.

Il y avait eu un moment de silence après que la vieille lady Southminster et sa sœur s’étaient levées