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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/206

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le fleuve ; et, à l’approche du prêtre, un officier sortit de l’un de ces corps de garde, salua, et parut attendre.

Monsignor contint avec peine son impatience, se rappelant une fois de plus ce qu’il tenait pour un odieux « espionnage », — cette surveillance des passants à partir d’une certaine heure de la nuit.

— Je désirerais respirer un peu l’air du fleuve, en me promenant sur le pont, dit-il sèchement.

— Fort bien, mon père ! répondit l’officier. L’instant suivant, monsignor poussait un soupir d’allégement. Le pont, tout à fait vide d’un bout à l’autre, autant du moins qu’il pouvait voir, s’étalait majestueusement jusqu’à l’autre rive, où, de nouveau, s’élevaient les constructions d’un corps de garde. La vue de ce second poste de police arrêta brusquement la marche du promeneur ; il s’accouda sur le parapet, et s’efforça de concentrer toute sa pensée dans ses yeux.

Au-dessous de lui coulait le vieux fleuve, tout propre et puissant et sur, entre les hautes berges. (Monsignor connaissait désormais le nouveau système de barrages Qui empêchait de ressentir les effets de la marée.) A une centaine de mètres plus loin, un autre pont faisait voir sa courbe légère, et derrière celui-là c’étaient d’autres ponts innombrables, que leur éclairage rendait pareils à des guirlandes d’étoiles. Tout cela était enveloppé d’un silence extraordinaire, — le silence d’une grande ville profondément endormie, — encore qu’il fut