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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/205

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quai. Son esprit absorbé ne lui permettait guère de regarder autour de soi ; et, seules, ses facultés les plus superficielles observaient le calme inaccoutumé de la large voie toute baignée de lumière électrique, le passage hâtif de quelques figure » attardées, la station immobile des agents de police de Westminster, qui se tenaient debout çà et là dans leur uniforme bleu et argent, aux coins des rues, et ne manquaient pas de le saluer respectueusement. À coup sûr, songeait-il dans son amertume, on sentait une cité catholique, entraînée et disciplinée par sa religion : aucun bruit, aucun mouvement anormal, aucune manifestation extérieure du vice. Et le plus étonnant était que tout le monde semblait enchanté d’un tel état de choses. Il se souvint notamment d’avoir questionné un ou deux amis, dans les premiers temps de sa convalescence, au sujet du retour à l’ancienne tradition du couvre-feu, et en général de la rigueur déployée pour le maintien des bonnes mœurs ; les réponses qu’on lui avait faites lui avaient prouvé que toutes ces choses était considérées, dorénavant, comme absolument naturelles. Un prêtre lui avait dit que la civilisation, au sens moderne, serait inconcevable sans elles ; car n’étaient-elles pas nécessaires pour que le petit nombre pût gouverner la masse ?…

Enfin le promeneur descendit sur le quai, après avoir traversé le square du Parlement. Une haute poterne, avec un corps de garde à chacun de ses côtés, décorait l’entrée de l’immense pont jeté sur