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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/204

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Il s’était cru guéri après son retour du continent ; il s’était imaginé connaître désormais les principes de ce monde où il se sentait profondément étranger ; et, depuis son retour, ses occupations incessantes, comme aussi le bonheur avec lequel il s’en était acquitté, avaient achevé de le tranquilliser. Mais voici que, de nouveau, il se sentait égaré !

Cet égarement ne résultait, en vérité, que de la constatation d’un seul grand principe, mais qui, celui-là, suffisait à troubler entièrement sa conception nouvelle : et c’était, à savoir, l’emploi de la force au service de la religion chrétienne. Cette soumission des pouvoirs civils au pouvoir religieux, ces projets de mesures répressives contre les socialistes : quelle religion était-ce donc là, qui, prêchant la douceur et l’humilité, s’appuyait sur le faste et sur la violence ?…

Entre onze heures et minuit, monsignor sentit que le séjour de sa chambre lui devenait intolérable, sous le poids des pensées qui le torturaient. Il prit son chapeau et un manteau léger, dont il s’enveloppa de manière à cacher le collet rouge de sa soutane ; et puis, descendant doucement l’escalier, il sortit sans bruit dans l’avenue voisine. À tout prix, il avait besoin d’air et d’espace ; il commençait presque à détester cette maison ecclésiastique silencieuse et parfaitement ordonnée, où tous les rouages tournaient avec une aisance et une régularité insensibles.

Arrivé dans Victoria Street, il se dirigea vers le