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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/203

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effacées. Par instants, même, il se surprenait à murmurer tout bas de vieux noms oubliés, à se redire des paroles anglaises toutes différentes des chants latins qu’il entendait se dérouler autour de lui. Il lui semblait très nettement que, dans une vie antérieure, il s’était tenu debout là, — oui, sans aucun doute, là-bas dans ce transept, — mais comme un étranger et un proscrit, observant une liturgie qu’il ne connaissait point, écoutant une musique douce à l’oreille, en vérité, mais si peu faite pour une maison de prière ! Peut-être était-ce dans un rêve qu’il avait vu l’autre spectacle ? Toujours ces histoires lues avec trop de passion, ces peintures qui s’étaient trop profondément gravées dans ses jeux !

Tout d’un coup, l’orgue éclata majestueusement ; et, sous l’immense voûte, un nouveau chant s’éleva, sonore comme un appel de trompettes. Le prélat se réveilla en sursaut de sa rechute dans l’étrange torrent d’images passées. Déjà les cardinaux s’étaient relevés, sur un geste du maître de cérémonies. Alors l’homme qui avait perdu sa mémoire se releva à son tour, quitta son siège, et redescendit à la suite des cardinaux jusqu’à l’entrée du chœur, pour saluer l’auguste personne du roi, qui venait d’arriver.

II

Ce soir là, une grande inquiétude s’empara de l’homme qui avait perdu sa mémoire.