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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/202

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bienvenue se dérouler sur toute l’étendue du square voisin. Pas un pouce de cet ample espace qui ne fût rempli d’une foule s’associant de toute son âme à la joie de l’acte solennel de restitution.

À l’intérieur de l’abbaye, les moines attendaient, le Père abbé à leur tête, en un large cercle d’une centaine de personnes. Les formalités traditionnelles s’accomplirent ; et le cortège du clergé séculier, conduit par les deux cardinaux, s’engagea dans l’énorme église, entre les tapisseries pendues aux piliers, pendant que s’élevait la triomphale mélodie de l’Ecce Sacerdos magnus.

Les tombeaux des grands hommes de l’Angleterre, qui jadis avaient encombré l’abbaye, avaient naturellement disparu, transportés désormais dans l’église Saint-Paul ; et, pour la première fois depuis trois siècles, l’on pouvait de nouveau apprécier le caractère profondément monastique de l’abbaye, telle que ses constructeurs l’avaient conçue. Au maître-autel se dressait de nouveau la grande croix entourée de Marie et de Jean ; et, de nouveau, les vénérables autels de la Sainte-Croix et de Saint-Benoît s’élevaient aux deux côtés des portes du chœur.

Et puis les cardinaux s’installèrent sur leurs troues, près du maître-autel, et à côté d’eux prit place l’homme qui avait perdu sa mémoire. Une fois de plus ce dernier, sous la stupeur du monde nouveau qui l’entourait, sentit affluer en lui un torrent de souvenirs confus et d’images à demi