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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/197

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— Il faut que je cause arec vous de ceci ! dit-il. Vous n’avez pas encore vu le cardinal ?

— Je dois le voir tout à l’heure. Mais, en vérité, tout cela me paraît si étrange, si incompréhensible !

— Avez-vous lu le texte de la proclamation ?

— Non, je n’ai fait qu’y jeter un coup d’œil. Vous seul, mon père, allez pouvoir m’aider à comprendre.

Le vieux prêtre fit un signe de tête encourageant.

— Mais d’abord, dit-il, voulez-vous que nous lisions ensemble ce document ?

Ils passèrent dans le petit salon voisin, et s’assirent, après que le prélat eut glissé en avant, sur l’un des coins de la porte, la plaque imprimée annonçant qu’il était bien chez soi, mais n’entendait pas être dérangé. Et puis il y eut vingt minutes d’un profond silence, interrompu seulement par quelques exclamations rapides de l’un ou l’autre des deux lecteurs. Enfin le P. Jervis ferma le journal, le mit sur son genou, et s’adossa sur son siège.

— Et maintenant, dit-il, causons un peu ! Comme vous le voyez, le point essentiel de la proclamation est l’annonce de mesures répressives imminentes contre les catholiques allemands. Cela signifie que l’Allemagne va se mettre en opposition ouverte avec le reste de l’Europe, et que, du même coup, nos propres mesures de répression pourront avoir enfin une portée sérieuse. Jusqu’à