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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/190

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d’une source très sure que l’empereur d’Allemagne se refuse décidément à devenir catholique, et compte donner désormais son plein appui aux tendances révolutionnaires de la libre pensée. Il le fait surtout, croit-on, par crainte des socialistes, tout-puissants dans son empire ; et l’on se demande même si la triste attitude qu’il adopte suffira vraiment à lui éviter une catastrophe dont l’appréhension a neutralisé toutes ses velléités de retour à la foi. En tout cas, la nouvelle de cette résolution imminente de l’empereur d’Allemagne implique, à peu près infailliblement, la menace d’une prochaine persécution des catholiques de là-bas ; et j’ai bien l’idée que cette persécution allemande, à son tour, contraindra le reste de l’Europe à prendre enfin les mesures nécessaires pour se délivrer, au moyen d’une transplantation en masse, des socialistes agnostiques et ouvertement antipatriotes dont la présence parmi nous a toujours été tolérée jusqu’ici. Il y aura là, pour nous, à nous pourvoir de tout un système de défense nationale et sociale dont il sied de préparer, dès maintenant, le projet. Veuillez donc, cher monsignor, me mettre par écrit vos vues sur ce point, ainsi que celles de votre entourage !

Le cardinal parlait d’une voix tranquille et très suffisamment diplomatique : mais monsignor pouvait voir sans peine combien profonde avait été l’impression produite sur lui parla grave nouvelle. Le fait est que la chrétienté tout entière avait pro-