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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/19

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terrible ce serait, si l’on prenait le cahier trop vivement, et que quelques-unes de ces pages tombassent dans le feu ! Il ne faudrait pour cela qu’un instant ! Et alors tant d’ouvrage à recommencer ! Des masses et des masses de travail à refaire !

En ce moment, une voix calme et grave, une voix de femme, pénétra dans ses oreilles : mais pendant longtemps il ne put la comprendre. Il aurait souhaité que cette voix le laissât en paix ! Ne fallait-il pas qu’il réfléchît à l’histoire des papes ? Il essaya de répondre affirmativement, d’un signe de tête, et de murmurer une sorte d’approbation vague, comme s’il se sentait à demi assoupi. Mais tout cela inutilement : la voix continuait toujours de parler. Et puis, tout d’un coup, il comprit, et une sorte de fureur s’empara de lui.

Comment, ces gens savaient-ils qu’il avait autrefois été prêtre ? Toujours des espionnages et des papotages, comme par le passé !… Non, il ne désirait pas du tout que l’on envoyât chercher un confesseur ! Lui-même n’était plus prêtre du tout, plus même catholique ni chrétien ! Tout cela, c’était des mensonges, du commencement à la fin, tout ce qu’on lui avait enseigné au séminaire ! Rien que des mensonges !… Là ! était-ce assez clair, ce qu’il disait, et allait-on le laisser en paix ?…

Pourquoi donc cette voix ne cessait-elle pas ? Comment, il se trouvait en grand danger ? Il allait de nouveau perdre conscience avant peu ? Il ne comprenait pas très bien ce que cela signifiait, mais