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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/188

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même des paroles, tout cela profondément impossible à contrôler. Mais du moins lui-même et ceux qui l’entouraient avaient l’impression de constater, chez lui, une facilité merveilleuse à retrouver et à rassembler les fils brisés de son souvenir. Il avait passé trois ou quatre jours, après son retour à Lourdes, enfermé en tête à tête avec le P. Jervis ou avec le cardinal, et ces quelques séances lui avaient suffi pour le mettre en état de reprendre son ancien travail, avec l’assistance de ses secrétaires. Aussi bien tout le monde avait-il été informé de la crise nerveuse qu’il avait eu à subir, de telle sorte que personne ne songeait à s’étonner, dans les rares occasions où son manque de mémoire devenait trop sensible.

L’état général des affaires dont il avait pris connaissance n’avait fait, d’ailleurs, qu’aggraver sa surprise des jours précédents. Il avait découvert, par exemple, que son titre de secrétaire du cardinal faisait de lui un personnage extrêmement important dans le royaume. Il ne s’était pas encore beaucoup risqué à des entretiens privés, se bornant à être témoin de ceux de son véritable maître, le cardinal : mais sa correspondance lui montrait assez combien son opinion était recherchée de ceux-là même qui se trouvaient à la tête du gouvernement de l’Angleterre. Il y avait, en particulier, beaucoup à faire pour régler la question des rapports de l’Église et de l’État : car l’on entendait bien que l’Église, représentant le sentiment reli-