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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/184

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longue maladie, les forces lui revenaient presque d’heure en heure. Puis il y avait eu le cas du paysan russe. Lui aussi, il avait recouvré la vue, mais non pas instantanément ; elle lui était revenue par degrés. Le troisième jour seulement, il avait enfin été déclaré guéri, après avoir subi les épreuves ordinaires dans une des salles d’examen.

Mais cette découverte même ne laissait pas d’inquiéter le prélat. Car il commençait à se demander s’il n’y avait pas encore d’autres découvertes en réserve pour lui, issues des principes qu’il venait de percevoir. Il se demandait, par exemple, de quelle manière l’Église traitait ceux qui se refusaient à reconnaître ses titres, ces individus ou ces groupes isolés qui, çà et là, s’accrochaient encore aux vieux rêves du siècle précédent.

Quelques phrases prononcées par le P. Adrien le tirèrent soudain de sa rêverie.

— Je vous demande pardon, dit-il. De quoi parliez-vous ?

— Je disais que les nouvelles d’Allemagne étaient des plus mauvaises.

— Et pourquoi ?

— Les catholiques de là-bas redoutent des troubles. L’empereur s’est décidément refusé à tenir compte du miracle de la jeune servante, à laquelle il s’était d’abord intéressé, et les socialistes de Berlin sont en train d’exiger des mesures contre ceux qu’ils appellent les promoteurs de la « supercherie »… Mais il est temps pour moi de rentrer, dit