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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/179

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ses yeux toujours fermés avec une expression de patience résignée, son visage toujours étrangement décoloré ! À droite et à gauche de sa civière, des médecins se tenaient à genoux, un rosaire entre les doigts. Toute la foule savait, d’ailleurs, que le cas de cette malade était d’une importance exceptionnelle : mais aussi avait-on tâché à laisser ignorer l’endroit où elle serait couchée, par crainte d’un encombrement trop considérable.

Monsignor la regardait de nouveau, avec une attention extrême. Il examinait le visage de cire, les mains inertes disposées en croix sur la poitrine avec un chapelet introduit entre elles ; et, une fois de plus, ce spectacle éveillait dans l’âme du prélat une invincible méfiance. Non, se disait-il, cette personne-là ne peut rien espérer de Lourdes ! Et, non moins involontairement, il s’indignait de la déception que l’on préparait à la pauvre fille, ainsi nourrie d’espérances chimériques.

Lentement, le dais approchait. Ses quatre porteurs transpiraient à grosses gouttes, sous le long effort ; et le visage de l’évêque qui portait l’ostensoir attestait également une lassitude profonde, causée par les milliers de bénédictions qu’il avait eu déjà à distribuer. Derrière lui, aussi, bien des visages d’hommes et de femmes appartenant aux divers ordres religieux semblaient tout abattus : car le fait est que, contrairement à l’habitude, aucun cri de malade guéri ne s’était plus élevé depuis assez longtemps. De minute en minute, l’appel du