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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/178

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inconsciente que ses propres lèvres se mirent à crier l’appel pitoyable : Jésus, guérissez nos malades ! Vous êtes la Résurrection et la Vie ! Puis, avec un élan triomphal : Hosanna au Fils de David !

Sans cesse il éprouvait plus vivement l’impression d’être entouré d’une grande puissance mystérieuse, évoquée par cette ardeur frénétique de cent mille âmes, et qui avait son foyer dans l’ostensoir doré de l’évêque.

Ah ! voilà évidemment le premier miracle ! Un cri, dans la foule, un grand mouvement parmi le groupe des malades et des infirmiers, une figure se dressant debout avec les bras étendus, et puis comme un rugissement d’une force incroyable, émis par l’amphithéâtre entier d’une seule voix unanime. À la manière d’une vision fugitive, monsignor aperçut des médecins qui couraient, des figures gesticulantes qui retenaient la foule derrière les barrières ; et puis il y eut comme un soupir de soulagement ; et ce fut au milieu d’un profond silence que le miraculé s’agenouilla sur la civière qui, tout à L’heure, l’avait apporté. Après quoi, de nouveau, le dais se remit en mouvement, et la voix passionnée de la foule cria : Jésus, guérissez nos malades !

La jeune Allemande que monsignor avait vue le matin se trouvait placée vers le milieu du cercle, au pied des marches de l’escalier ; et comme la procession s’approchait de cH endroit, monsignor s’efforça de la reconnaître. Oui, c’était elle, là-bas.