Ouvrir le menu principal

Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/176

Cette page n’a pas encore été corrigée


verain qui avait permis la souffrance, est-ce donc qu’il entendait maintenir sa souveraineté, et montrer que le grand Créateur des lois n’était soumis à aucune loi ? Une chose, en tout cas, était certaine, si l’on pouvait accorder créance à tous les rapports que monsignor avait examinés dans la matinée ; à savoir que nulle réceptivité naturelle de tempérament, nulle attente subjective de la guérison, ne pouvait garantir l’avènement de cette guérison ; Des natures qui avaient répondu merveilleusement à toutes les expériences ou suggestions, dans les hôpitaux, semblaient avoir perdu ici toute faculté nerveuse, tandis que d’autres tempéraments, qui étaient demeurés inertes sous l’influence de la suggestion scientifique, bondissaient in pour se rendre à l’appel de la voix céleste.

Monsignor constatait que la tête de la longue procession avait atteint maintenant les portes de la basilique, et allait pénétrer dans le vaste cercle où l’attendaient les malades. C’était une vue surprenante, ces longues rangées de cierges s’avançant comme un merveilleux serpent tout imprégné de lumière ; et le prélat se perdait dans cette contemplation, pendant que lui-même marchait lentement, pas à pas, vers la basilique. Mais soudain la musique s’arrêta, et tous les yeux se retournèrent de nouveau vers les rangées des malades.

Ah ! les voilà étendus, ces crucifix vivants, d’une blancheur effrayante parmi les linges blancs qui les entouraient ! Il y avait là une femme dont le