Ouvrir le menu principal

Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/175

Cette page n’a pas encore été corrigée


divin s’apprêtait maintenant à venir, lui aussi, afin de recommencer l’ancien prodige de Cana, afin de changer l’eau de la douleur en le vin de la joie… Et puis, lorsqu’apparut le dais, sur un nouveau geste impérieux de la petite figure dans la chaire, le chant cessa ; des trompettes clamèrent une phrase vibrante ; il y eut un frémissement comme d’une vague qui se brisait, produit par l’agenouillement de la foule ; et le Pange lingua éclata, parmi une adoration solennelle.

Lorsque Monsignor commença à descendre les marches, les yeux gonflés de larmes, pour la première fois il vit les rangées des malades, attendant le passage de la procession. Ils gisaient là, au nombre d’environ quatre mille, disposés côte à cote en deux grands cercles tout autour de la place, dans des civières si étroitement serrées l’un contre l’autre que l’on aurait dit deux énormes lits continus ; et entre eux se déroulait la haute plate-forme semée de fleurs qui allait servir de chemin à Jésus de Nazareth. Ils gisaient là, ces infortunés, chacun d’eux s’étant baigné tout à l’heure dans l’eau miraculeuse qui avait jailli, un siècle et demi auparavant, sous les doigts d’une humble fille de paysans.

Et cependant tous n’étaient pas guéris ! Il n’y en avait peut-être pas un de guéri sur dix, entre ceux mêmes qui étaient venus avec la plus parfaite confiance dans leur guérison. Cela, sûrement, était singulier. Est-ce donc que le même Pouvoir sou-