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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/174

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opposée à celle d’où il l’avait regardée le matin, s’étendait la vaste place, avec un aspect entièrement différent. Le centre du grand ovale était vide, à l’exception d’une sorte de chaire à prêcher, entourée d’un résonateur circulaire, et dressée tout au milieu. Mais autour de cet espace vide se déroulaient des masses immenses d’humanité, formant comme un amphithéâtre gigantesque, et s’élevant à la hauteur des toits des édifices les plus élevés d’alentour. Devant lui, monsignor voyait la superposition des églises, et là aussi, sur chaque plateforme, chaque marche, et chaque toiture, se montrait un essaim de spectateurs. Les portes des trois églises étaient ouvertes au large ; et à l’intérieur de chacune d’elles, parmi l’illumination des cierges, des tètes sans nombre se devinaient, comme dans une mosaïque vivante. La place entière était à présent dans l’ombre, car le soleil venait de descendre : mais le ciel restait clair, au-dessus des têtes, et formait une voûte de couleurs tendres, ayant toute la douceur d’une bénédiction. Çà et là, dans le bleu infini, pareilles à des éclats de diamants, scintillaient les premières étoiles.

Et voici que, de cette multitude incroyable, au signal d’une figure blanche debout dans la chaire, s’élançait un chant vers Marie, comme d’une seule voix énorme et douce, appelant la venue de Celle qui, depuis un siècle et demi, avait daigné faire de ce lieu sa demeure préférée, de cette grande Mère des rachetés et Consolatrice des affligés dont le Fils